samedi 6 septembre 2025

À Félix



 

                         


 

          À Félix, l'Ame Murmurée

 Ô Félix, toi dont l'âme eut un si grand secret,

 Dont la vie déroula un si cruel mystère,

 Nos cœurs, par-delà les ans, savent ton solitaire

Chemin, où l'amour fut roi, mais un roi qu'on taisait.

Tu marchas à ses côtés, et l'ombre de ton être

Portait le poids muet d'un indicible vœu.

Le mal était sans espoir, dis-tu, et douloureux,

Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.

Mais si elle, en lisant ces vers, n'a compris l'aveu,

Ignorant le feu ardent qui brûlait sous ta peau,

Sache qu'aujourd'hui, poète, ton funèbre fardeau

Est devenu pour nous un céleste bijou.

Elle dira, peut-être, "Quelle est donc cette femme ?"

Et ne comprendra pas l'abîme de ton cœur.

Mais nous, nous comprenons la force de ta flamme,

Cette pudeur sublime qui fit ta seule ardeur.

Tu reposas en paix, pensant être oublié,

Simple stèle à Cézy, modeste et effacée.

Mais ton murmure, Félix, n'est jamais effacé,

Il vit en chaque âme qui, d'amour, fut voilée.

Car ton secret, poète, est le secret de tous

Ceux qui ont retenu un "je t'aime" sur les lèvres,

Ceux dont le cœur a saigné, connaissant les fièvres

D'un amour qui se tait, refusant les doux coups.

Ton sonnet est un phare, dans la nuit de nos doutes,

Il nous dit que l'amour, même quand il est tu,

Laisse une trace ardente, une âme qui a cru,

Et que les cœurs blessés sont les plus belles routes.

Alors, cher Félix, du fond de notre temps,

Nous te rendons hommage, toi l'amant silencieux.

Ton génie fut de peindre l'amour en des adieux,

Et ton "jamais rien su" est notre enseignement.

Ta tombe est à Cézy, sous le ciel de l'Yonne,

Simple, mais si profonde, un lieu où l'âme sonne.

Et si la rose est fanée, si la feuille est légère,

Ton poème s'envole, loin de toute poussière.

Tu n'es pas oublié, Félix, tu es un écho,

Le chant d'une tendresse que le monde entendra.

Et chaque fois qu'un cœur, d'un amour, frémira,

Ton vers secret renaît, plus fort que le tombeau.


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