mardi 3 juin 2025

La couleurs de l'Âme Vivaroise

 



Les Couleurs de l'Âme Vivaroise

C'est la fin de l'automne en Vivarais, et ses couleurs m'enveloppent. Le jaune, l'orange, le rouille embrasent les feuillages. Quand un rayon de soleil perce, la scène se teinte d'un bleu féerique, et le vert des sapins éclate de sa splendeur, la chlorophylle encore suffisante pour cette panoplie. C'est un tableau qu'un grand peintre aurait pu, avec sa spatule, coucher, couche après couche, de l'épaisseur à la plus fine virgule. Voilà le tableau qui prend forme, des heures à contempler cette nature dans son jus, dans son écrin de verdure. Ô mon Vivarais, toujours dans mes pensées.

Il n'est pas nécessaire de sculpter tes formes, vallons, plaines, pics. On sent que le temps t'a façonné. Le mistral est passé, ou une burle a traîné, ce sacré vent du Nord. La chaîne de volcans n'est pas loin. Tout y est pour ta splendeur, c'est un théâtre ou un peintre qui façonne tes éléments. À mon Vivarais, la rose des vents est ici.

Dans les hauteurs, la Burle souffle et résonne au lointain. Que le doux est fluide, clair et sonore, l'écho de tes légères vagues qui chutent dans ces grosses roches. La profondeur claque à la goutte qui se perd de sa trajectoire. Le froid s'implante, le temps gris apparaît, le soleil se cache, il n'est plus à son zénith. Cache-nez relevé, mains serrées, je le sens bien ce vent du Nord qui va glacer l'esprit en hiver.

Un petit tour devant le feu de bois, un regard au dehors par la transparence de cette vitre qui me sépare du monde. Elle se remplit de buée, me cachant, brumeuse, la vue au loin. Pas grave ! Je m'empresse d'enfiler mes godillots et je vais affronter le froid sec de l'hiver qui pointe son nez. Il ne fait pas semblant, mon nez est rouge ! Je me bouge, histoire de ne pas rester là, stoïque.

Je m'enfonce entre les douglas, mes pas lourds sur ce chemin de terre battue résonnent. L'oxygène me manque ? Non, c'est le froid, le givre. Ma respiration fume, blanchâtre, entre les bois. Des bruits, ça craque. Au-dessus, dans les branches les plus hautes, le vent. Quelques gouttes claquent mon visage. Les branches craquent, claquent, les feuilles crépitent. Mais qui va là ? Un animal sauvage peut-être ? Un écureuil sinon. "Cuicui", un oiseau chante, mais d'un sifflement si léger. C'est toi, rouge-gorge ? Je ne sais pas, il fait trop frais, je ne m'attarde pas. Les journées sont courtes, trop courtes.

J'accélère le pas, ça résonne dans les bois. Non, je n'ai pas pu, quoi que… Mes pas plus grands, je file. La nuit va tomber, et il n'y a rien de lumineux ici, c'est la campagne dans le Vivarais. Tiens, les cloches résonnent. Je suis encore sur ce chemin à rêver. Je profite, c'est beau l'espace et le temps, l'odeur du bois humide. Je pourrais traverser les bois, mais si je tombe... Et puis c'est humide. Quelle est belle cette mousse et ce tapis de feuilles ! Je ne suis pas loin encore, quelques virages, quelques pas de plus, et je vais me coller au fourneau avec une bonne verveine. À mon Vivarais, à tout jamais.




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