Ô Toulouse, l'écho résonne, loin dans le temps et l'espace.
Tes pavés, sous mes pas d'antan, se muent en strophes.
Tu n'es plus la Ville Rose ; tu es une Ville Carmin
Où la brique, gorgée de siècles, étanche la soif de l'âme.
Le Canal du Midi, un miroir liquide, long trait d'encre verte,
Où les péniches, lourdes de silences, dorment. Elles confient
Leurs rêves aux flots. Et moi, cavalcade nocturne,
Je suis cet œil bleu, émerveillé, qui déchiffre tes mystères.
Ton accent, une rumeur d'orage, une violence sourde,
N'est que la vibration d'un cœur qui bat trop fort, sans masque.
Tes colères sont un chant, ton tumulte, un jazz dans les tripes,
Une mélodie gasconne qui jamais ne se lasse.
Saint-Sernin, sentinelle de corail, perce l'obscur.
Elle domine, mais n'est point seule. Les astres s'y posent.
Mon signe, objet de ciel, y trouve son repos, sa dormance.
Face aux arcs, je me perds, fidèle depuis quarante automnes.
Les rails s'étirent, serpent de fer où courent les destins.
Jean Jaurès, l'interminable, porte en lui le flux des vies.
Et ce pont rouge, flamboyant, n'est qu'un tapis tendu pour les songeurs.
Saint-Exupéry, au-dessus des têtes, veille aux promeneurs penseurs,
Aux cœurs qui, dans l'ombre qui étincelle, te portent, inébranlables.
Tu es l'encre et le sang, le passé qui sculpte le présent.
Et même si les avions s'envolent, et les buildings grimpent haut,
Ta pincée de tuiles est gravée. Elle est le seul artefact
Que l'âme emporte, dans son grand livre, quand le voyage reprend.
Ô Toulouse, ma cité, mon esquisse, mon poème,
Tu es le Ver qui jamais ne se termine.


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