Vous ne voulez pas m'aimer ? Je me désaimerai de vous. Je suis une étrangère dans cette meute. Votre rejet, j'en fais une force. Votre irrespect dans vos regards et vos manières à mon égard, cela fait bien longtemps déjà que je l'ai compris. J'en ai pris mon parti et j'ai avancé sans vous, gravi des paliers seule avec moi-même.
Je me suis aimée, je survivrai sans relâche. Ma famille, je me la suis construite et j'ai vécu avec leur amour sans retour. Seule, j'ai avancé ; cela m'a rendue plus forte. J'ai mis longtemps, mais je me suis fait une raison.
Vos cancans à mon égard me font penser que votre ennui doit être si grand et si mélancolique. Il est possible que pour vous, je sois la référence de vos faiblesses, que vous me jalousiez sur mon parcours. Mais il ne fallait pas vous freiner, ni même avoir peur d'avancer.
Vos barrières ont blessé une partie de mon cœur, mais celui-ci continue à se battre, même sans vous. Mon regard sur vos égards est une compassion face à votre mépris. Vos pensées et vos mots frappent fort, mais je me battrai encore plus. Mon armure prend soin de mon Être. Seule, j'ai gravi.
Si vous saviez mes pensées... Écouter vos syllabes construire tout ce négatif me plonge dans les songes, et me prouve que mon exil, il y a si longtemps, était le meilleur choix de ma jeunesse. Finalement, ni vous ni moi ne nous connaissons. L'étiquette que vous avez placée sur mon dos et gravée d'une encre indélébile est une incompréhension. Mais que faire ? Alors, j'accepte.
Les années s'écoulent. Je mourrai seule, certainement du fait de ma vie hermite et atypique, hors normes. Je ne devais pas faire partie du même moule. J'ai évolué différemment, et mes choix étaient autres. Je me suis sauvée de ce qui m'était incompréhensible.
Toutes ces années, j'ai toujours su, mais en silence, je vous ai observés. Et mes actions diverses et mon caractère passif n'étaient pas pour que vous m'aimiez un peu, mais mon savoir-vivre était ma ligne de conduite : donner, échanger, partager, écouter font partie des critères de mon existence. Je peux caresser ma conscience sans reproche.
Dans un autre karma peut-être, ou ce que j'ai subi était la fin de mon cycle. Je ne regrette en rien. L'image de moi-même et l'amour que j'ai véhiculé faisaient partie de mes références. On ne choisit ni ses amis ni sa famille, on se choisit soi-même. Et notre livre est en partie écrit au déroulement du temps, des situations et de notre environnement.
J'aime bien mon livre : pas de page cornée, pas de livre fermé, mais des tomes d'une suite acharnée.
Mon regard, loin de vos ombres, a trouvé son azur. Le bleu profond de l'œil, autrefois blessé par l'amertume, est devenu le ciel sans nuage où respire mon futur. Je m'éloigne de votre discorde, non par fuite, mais par la noble action de choisir le silence qui rend l'âme fluide. Ma solitude est mon plus bel artefact, une preuve que l'on peut naître, évoluer et se construire en dehors du moule, fier de sa différence et de son cœur indestructible.
Patsyblue

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