Je marchais dans une nuit qui n’avait plus de bord,
et soudain les images de mon esprit se levèrent
comme des bêtes tirées du sommeil du monde.
Elles m’effrayèrent par leur vérité nue,
par cette clarté que je n’avais jamais osé regarder.
Depuis l’aube des âges, disaient-elles,
l’homme porte sur son visage
les ombres d’une force qu’il ne maîtrise pas.
La puissance et la ruse y dessinent des lettres anciennes,
et le cœur, trop souvent, cède sa place à la dureté.
L’animal en lui se réveille,
et pour tromper le faible il manie
la force, la fraude, la malice —
armes d’un royaume obscur qui remonte au premier souffle.
Alors l’homme se perd lui-même,
et disparaît pour un temps, puis pour des temps et la moitié d’un temps,
dans la poussière qui garde mémoire des fautes humaines.
J’ai vu la Bête :
force pure, beauté terrible,
symbole du mal autant que de l’humanité blessée.
Elle dormait dans l’homme,
et parfois l’homme dormait en elle.
Car l’humain est un animal,
et parfois l’animal est plus humain
que l’homme qui l’a engendré.
Telle fut ma vision nocturne —
un miroir où se mêlaient la vérité et la peur,
et dont je me suis éveillé
comme d’un rêve trop clair pour être oublié.
^ La civilisation ne protège l'homme que d'une partie de sa Barbarie ^
PATSYBLUE

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire