« Les étés du Doux »
L’âge où l’on ne sait presque rien,
Insouciant, le cœur léger, le mien,
Mon enfance au fil des saisons,
Un mois d’été comme une maison.
Sans eau courante, mais tant de lumière,
Le soleil glissait sur la rivière,
Le Doux chantait sous nos pas nus,
Et le bonheur tenait tout entier là-dessus.
C’était le temps du Doux, des pierres et du ciel,
Des rires qui résonnent encore à l’essentiel,
Pieds nus sur les galets, le cœur grand ouvert,
J’étais riche de rien… et de tout l’univers.
Des allers, des venues, des visages mêlés,
Des voix de tous âges qui venaient se poser,
On riait fort, on parlait sans fin,
Les pieds dans l’eau, les mains dans le matin.
Cristaux de verre, galets brûlants,
Reflets du soleil sur l’eau mouvant,
Paradis simple au rocher du Doux,
Où chaque instant valait plus que tout.
Puis l’orage grondait — vroum… dans le silence,
L’éclair traversait les murs immenses,
Les ombres dansaient aux branches du soir,
Je me couvrais, frissonnant dans le noir.
Pas de lumière, ni feu pour me rassurer,
Juste la nuit et mes rêves serrés,
Mes paupières lourdes, je tombais doucement,
Dans le sommeil profond des enfants.
Au matin frais, les pas sur le bois,
Un écho monte, quelqu’un est là,
L’odeur du café me tire du lit,
C’est l’heure douce où la maison vit.
Je descends l’escalier qui chante,
Ma main sur la poignée grinçante,
Et là je les vois, debout, tous les deux,
Le cœur serré… mais déjà heureux.
C’était le temps du Doux, des pierres et du ciel,
Des rires gravés dans l’éternel,
Un bol de lait, un peu de café,
Et l’amour simple pour me réchauffer.
À mes grands-parents,
Au Nord Vivarais,
Là où le bois crépite…
Et où mon cœur est resté.
Patsyblue
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