Le Fil de Soie et d'Exil
Couplet 1
Tout a commencé dans la poussière d'Orient,
Quand le ciel s'est chargé d'un souffle effrayant.
Trois femmes, trois cœurs, unies dans le malheur,
Fuyant le génocide et sa froide douleur.
Sur le quai des adieux, le monde s'est fendu,
Le père et les quatre fils ne sont jamais revenus.
Sables mouvants, désert sans une voix,
Le silence est tombé sur le chemin de la foi.
Couplet 2
Deux bateaux ont largué leurs amarres d'argent,
L'un vers l'Amérique et ses rêves changeants.
La grand-mère a crié un adieu à sa sœur,
Séparées par les flots, unies par la peur.
L'autre navire a pris le cap de Marseille,
En vingt, sur le port, sous un triste soleil.
Elles étaient trois femmes, sans rien que leur courage,
Pour braver la misère et l'exil sans bagage.
Refrain
C’est l’histoire gravée dans le marbre et le sang,
Le long cri d’un peuple, le cri d’un enfant.
De la Drôme sauvage aux plaines de l'exode,
La vie se réinvente selon d'autres codes.
Pas besoin de mots quand l'âme se souvient,
La tribu perdure, le futur nous appartient.
Couplet 3
Elles ont marché loin, jusqu'aux terres drômoises,
Oubliant les douceurs des contrées arméniennes.
Dans la dureté du vivre et le manque de mots,
Elles portaient en silence le poids de leurs fardeaux.
Puis vint l'an quarante, et Jean a vu le jour,
Dans l'ombre d'un père privé de son retour.
Dénoncé dans Lyon, militaire emporté,
Dans des camps de misère, il s'est évaporé.
Couplet 4
L'enfant n'avait que trois ans quand l'absence est venue,
Bâtissant sa jeunesse sur une ombre inconnue.
Élevé par les femmes, gardien du vieux parler,
Il faisait revivre les sons d'un monde envolé.
Par-delà l'océan, un lien restait tendu,
Des colis des "States" pour ce qu'on croyait perdu.
Des gâteries sucrées, des nouvelles du lointain,
Un sucre d'après-guerre pour adoucir le destin.
Final
Pas de père pour guide, mais des mains de géants,
Trois femmes pour racines face au vent d'Occident.
Jean porte en lui Lyon, l'exode et l'Orient,
Le fils de la mémoire, fier et rayonnant.
L'histoire n'est pas simple, mais elle est souveraine,
Coulant pour toujours dans les fils de ses veines
Patsyblue
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