jeudi 30 avril 2026

Le dernier pas de soie.


Le dernier pas de soie.

En marge de la foule, le parquet nous appartient,
Le monde au centre s'efface, on ne voit plus rien.
Chemise impeccable et soie qui tournoie,
On revient aux années de nos premières joies.
Les mains se posent, le cadre est strict, une loi,
Tu conduis le silence, je ne suis que toi.
La tête haute, le coude levé comme un arc,
On dessine nos lignes, on laisse nos marques.
C’était la précision, une danse sans trophée,
Deux corps en miroir, une ivresse étouffée.
On ne tournait pas pour les yeux, mais pour l’âme,
Dans le vertige du tango, nous étions la flamme.
Maintenant le vide a pris place au salon,
Mais ton regard pétille encore dans le plafond.
Tu n'es plus là pour guider le prochain pas,
Et le gosier se serre quand je ne sens plus tes bras.
Pourtant, je porte encore cette fierté,
D’avoir touché le ciel, d'avoir tout partagé.
Les chaussures sont rangées, le cuir est fatigué,
Mais dans ma mémoire, rien n’est abîmé.
La galanterie, le respect du mouvement,
Reste gravé en moi, plus fort que le temps.
Ce n'était pas de l'oubli, c'était de l'art,
Une vie entière contenue dans un regard.
Personne ne remplit l'espace que tu as laissé,
C'est un silence immense, par la danse bercé.
Je danse encore un peu, quand la nuit se fait rare,
Toute seule dans l'ombre, sans le moindre égard.
L'élégance est un deuil qui ne veut pas finir,
Le plus beau des voyages, c’est celui du souvenir.
Le plus beau des voyages...
Celui du souvenir.

Patsyblue 

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