jeudi 23 avril 2026

Pierres Brûlantes


 Pierres Brûlantes

​En Ardèche, aux chemins pierreux,
les nuits d’hiver… sans feu…
Le vent frappait les murs trop bas,
et chaque souffle… entrait en moi…
Oh… ça passait sous la porte…
comme un cri qu’on porte…
​Oh Seigneur… garde-nous du froid…
Dans la nuit… tiens ma foi…
Même sans feu… même sans toit…
Y’a un cœur… qui brûle en moi…
​Pour quatre sous, cercueil de bois,
pour deux sous… corde et bois…
Les errants debout, fatigués, pliés…
Rêvaient encore… enchaînés…
Les grandes familles sans espace,
tête contre tête… face à face…
Les pieds mêlés sous l’édredon,
la plume grattait… jusqu’au fond…
​Oh Seigneur… garde-nous du froid…
Dans la nuit… tiens ma foi…
Même sans feu… même sans toit…
Y’a un cœur… qui brûle en moi…
​Mmmh… dans l’étable sombre…
Les enfants dorment dans l’ombre…
Huit ans à peine… déjà trop lourds…
Dans la paille chaude… contre les jours…
Hey… hey…
La terre les prend… les hommes aussi…
Hey… hey…
Mais ils rêvent encore la nuit…
​Les lits de frêne craquaient bas…
L’hiver saignait… entre les draps…
On glissait des pierres brûlantes,
pour une chaleur… tremblante…
Jamais un lit face à la porte,
la croix veillait… forte…
Sous l’oreiller, clou ou couteau…
La nuit… n’faisait pas d’cadeau…
Quand l’eau gelait dans la terre…
Quand le pain fendait les lèvres…
Oh… la lampe brillait encore…
Comme une prière dans le décor…
​Mais le vin chaud coulait parfois…
Comme un chant… comme une voix…
Dans la misère… douce chaleur…
On gardait l’âme… on gardait le cœur…
Oui… dans la nuit…
On gardait le cœur…
Mmhh…

Patsyblue 

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