Le Sel et le Pain (L’Héritage des Vivants)
Née sous les bombes, fils de la République,
Pupille sans grâce, l’amour était tactique.
Dans l’ombre des frères, je marchais sur la craie,
Elle gardait la pension comme un lourd secret.
L’ancien linceul, elle donnait le pain et le sel,
L’an 65, elle est partie au rappel.
Indigente et digne, au cœur de ma maison,
Elle est la seule ancre qui ait une raison.
Le palier nous sépare, un mètre de bois froid,
Eux dans le théâtre, moi dans le petit endroit.
De l’autre côté, on choisit qui l’on garde,
Rejetant les jumeaux d’un geste flic qui regarde.
Le fils de 53, un fantôme sans nom,
Né pour rester l’ombre au fond du salon.
Elle jouait la veuve, elle trichait l’héritage,
Pendant que le voisin vivait de monophrage.
Et quand le grand silence est venu dans la chambre,
L’EHPAD était là, de janvier à décembre.
Les 5 enfants, ma femme, on tenait le rempart,
Les autres attendaient dehors, comptant leur part.
Pas un cadeau, pas un geste pour mes petits,
Rien que le vide, le droit de rester à Bati.
Au seuil de sa mort, elle a fermé la porte,
L’argent était vivant, mais la mère était morte.
Le 7, c’est mon chiffre, le clan que j’ai bâti,
Citadelle contre ce que j’ai bâti.
Exclu du testament, banni de la chapelle,
On nous a poussés du revers de la pelle.
Le sel et le pain que l’ancienne a laissés,
Un héritage d’amour que vous avez manqué.
Vous avez l’or, j’ai les mains de mes enfants,
C’est moi le vrai roi au milieu des vivants.
C’est moi le vrai, au milieu des vivants,
Adieu le palier, adieu les faux-semblants.
L’ombre de 53, l’argent des survivants,
Je prends mes 7 âmes et je tourne le dos,
La vérité n’a pas besoin de vos tombeaux.
Patsyblue
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire